Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 17:56

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Le Congrès International des Mathématiciens 2010 est terminé et on connaît le pays organisateur de la prochaine édition : la Corée.

Rendez-vous donc à Séoul pour l'ICM 2014 ! Quant à l'autre congrès majeur en mathématiques, le Congrès Européen, il aura lieu en juillet 2012 à Cracovie. 


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Par Gaël Octavia
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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 23:21

La mathématicienne belge Ingrid Daubechies (professeur à Princeton) est la nouvelle présidente élue de l'Union Internationale de Mathématiques (IMU), où elle prendra la succession de László Lovász (qui vient de recevoir le Prix de Kyoto) le 1er janvier 2011. Entre deux conférences du Congrès International des Mathématiciens, cette spécialiste de la transformée en ondelettes a répondu à quelques questions sur ses nouvelles fonctions.

CIMG6512.JPGQuel est le rôle de l'IMU ?
L'IMU regroupe les associations nationales de mathématiques qui désirent y adhérer. Outre l'organisation du Congrès International, dont elle désigne le président du comité de programme, elle a principalement deux fonctions :
 - favoriser les liens entre les mathématiciens qui font de la recherche et ceux qui s'occupent d'éducation (y compris dans le secondaire),
 - créer un climat favorable à l'avancement et à la transmission des mathématiques dans les pays en voie de développement, et notamment faire croître la communauté mathématique de ces pays. En effet, non seulement cela est primordial pour y faire émerger des mathématiciens de talent, mais cela contribue aussi au développement technologique de ces pays.

Est-ce que le fait d'avoir organisé l'ICM 2010 en Inde, par exemple, a un impact pour les mathématiques de ce pays ?
Chaque pays qui organise l'ICM en retire un avantage. Sa communauté mathématique y trouve un atout politique, un argument pour peser à l'intérieur du pays. Elle y gagne également en termes de visibilité, notamment pour attirer les jeunes. L'ICM permet de faire venir à moindre frais un grand nombre de mathématiciens d'envergure, y compris pour assister aux événements satellites qui ont lieu avant ou après le Congrès.

Vous êtes la première femme présidente de l'IMU. Pensez-vous que cela puisse avoir un quelconque impact ?
J'espère que oui. Cela peut être stimulant pour les jeunes femmes. Ici, plusieurs femmes indiennes sont venues me voir. Elles avaient étudié mon travail et semblaient tirer davantage de plaisir à savoir qu'il s'agissait de l'oeuvre d'une femme. De grands obstacles subsistent encore dans certains pays pour que l'opinion accepte l'idée que les femmes peuvent faire des maths. J'espère que le fait que la présidente de l'IMU soit une femme contribuera à l'érosion de ce genre de préjugés.

Qu'espérez-vous accomplir durant votre mandat ?
J'ai évoqué précédemment les principales fonctions de l'IMU. Pour moi elles sont toutes essentielles donc j'espère vraiment me rendre utile sur tous ces points. J'espère aussi améliorer la visibilité de l'IMU afin qu'elle puisse accomplir ses missions de manière plus efficace. Enfin, l'IMU doit contribuer à donner une vue d'ensemble des actions menées dans le monde en faveur des mathématiques, afin qu'une expérience ayant fonctionné dans un pays soit également profitable à d'autres et que chaque initiative ait finalement plus d'impact.


Par Gaël Octavia
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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 22:59

CIMG6462.JPGIndian rules, Yavana rules: foreign identity and the transmission of mathemathématics, par Kim Plofker, était une conférence d'histoire des sciences qui portait sur les échanges entre les Grecs (puis les Européens) - ce sont eux, les Yavanas - et les Indiens de l'Antiquité et du Moyen-Age. On y retrouve Brahmagupta, le zéro, l'invention géniale que fut la notation de position, la méthode de calcul par double fausse position (ni ingénieuse, ni indienne, ouf !), Ménandre 1er, Al Khwarizmi, les chiffres arabes qui sont en fait indiens, ... et surtout la relation complexe entre cultures scientifiques (et pas seulement) indienne et occidentale, faite d'emprunts, d'admiration et de méfiance réciproque.

Une conférence pas désagréable mais où je n'ai somme toute pas l'impression d'avoir appris grand chose. Un peu détonnante parmi les autres exposés pléniers.

Par Gaël Octavia
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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 22:42

CIMG6486.JPGJe ne pouvais pas rater cette conférence de Hugh Woodin intitulée Strong axioms of infinity and the search for V. Ces mathématiques qui consistent en gros à s'amuser avec des ensembles abstraits à l'aide de règles logiques non moins abstraites, sont celles qui me fascinent depuis toujours. Il me semble que c'est à cet endroit-là que les mathématiques se rapprochent le plus de l'art. C'est un voyage dans des mondes imaginaires, des constructions étranges, des édifices dont les pierres semblent extraites de l'esprit de quelques fous. On a envie de situer cela entre le conte et le jeu de légos. Et en même temps, tout le reste repose dessus.


Dans sa conférence, Woodin convoque le grand (et fou) Kurt Gödel, mais aussi Baire, Luzin, Scott, Martin, Steel , ... et lui-même (il est question de "cardinaux de Woodin", qui reviennent souvent) pour parler logique, théorie des ensembles, paradoxes, fondements, infinis, axiomes contradictoires, univers constructible, déterminabilité, consistance... C'est l'occasion de se poser le genre de questions qui empêchent de dormir, et de trouver - quand on trouve - des réponses surprenantes !

Par Gaël Octavia
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Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 21:34

CIMG6409J'ai hésité à écrire cette chronique car, outre le fait qu'elle ne raconte pas vraiment de maths, elle ne va pas forcément dans le sens du discours que je devrais tenir. La vulgarisation consiste, dans une certaine mesure, à rassurer son public. Comme on ne doit pas négliger l'autosuggestion, il vaut mieux affirmer que les maths sont faciles, agréables et riantes, plutôt que le contraire. Il faut ajouter que si elles semblent parfois farouches, c'est au fond pour mieux se laisser apprivoiser. C'est le point de vue que j'aurais probablement défendu si j'avais pris la parole, par exemple, lors de la table ronde Communicating mathematics to society at large (voir ici).
C'est pourtant une autre réflexion qui me vient quand je repense à la conférence de Claire Voisin.

Intitulée On the cohomology of algebraic varieties - de la géométrie algébrique, donc, cette branche réputée difficile des maths -, cette conférence est la troisième de la matinée du 25 août. Le président de séance, C.S. Seshadri rappelle brièvement le parcours de la brillante géomètre française, émaillé de récompenses : médaille de bronze du CNRS, puis d'argent, Sato Prize, Prix Sophie Germain, Clay research award... Un sujet impressionnant, une conférencière impressionnante.

On sent que Claire Voisin essaye de commencer doucement, en définissant les variétés complexes. Il n'empêche que, très vite, je trouve l'exposé ardu, ne serait-ce qu'à cause du vocabulaire spécifique (structure de Hodge, classe de cohomologie, variété khälerienne, nombres de Betti, classes de Chern...) que je ne maîtrise pas ou n'intègre pas assez vite malgré les rappels de définitions. Je pourrais conclure en disant que décidément, on peut toujours parler de géométrie algébrique, mais pas avec n'importe qui. Pourtant, même à mon (très faible) niveau, cet exposé parle de quelque chose et comporte un aspect foncièrement fascinant.
Claire Voisin semble assez nerveuse, pas vraiment à l'aise. Plus exactement : pas contente d'elle-même. Pas même lorsqu'elle évoque des théorèmes importants qu'elle a démontrés. C'est loin d'être le cas de tous les mathématiciens qui défilent à l'ICM (et après tout, on peut bien avoir le sourire aux lèvres quand on évoque un résultat, une théorie, un objet mathématique qui porte son propre nom). Paradoxalement, quelque chose de très fort se dégage de la conférencière et donne envie de la suivre, face au vent, jusqu'au bout de l'exposé. C'est de l'ordre de la lutte âpre, de l'escalade d'une montagne imposante par la face Nord, mais (comme pour l'alpinisme extrême, j'imagine) c'est justement parce que c'est âpre que c'est intéressant.

Je me rappelle la réponse de Claire Voisin à une question banale que je lui avais posée en interview, à savoir "quelle qualité est indispensable pour faire des mathématiques ?". Au lieu des habituelles "créativité", "rigueur" ou "persévérance", elle avait prononcé le mot "insatisfaction". C'est peut-être de cela qu'il est question ici, au delà de la théorie de Hodge : la force de l'insatisfaction, son rôle moteur dans la recherche, sa puissance de fascination.
Pour en revenir à la question de populariser les mathématiques, je me demande quand même si l'insatisfaction est un bon argument de vente. Peut-être pour les amateurs de sports extrêmes...

Par Gaël Octavia
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Présentation

  • : Chroniques d'Hyderâbâd, voyage au Congrès International des Mathématiciens, par Gaël Octavia
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  • : Le Congrès International des Mathématiciens (ICM) se tient à Hyderâbâd, en Inde, du 19 au 27 août 2010. Créé en 1936, l'ICM a lieu tout les 4 ans et est l'un des événements majeurs de la vie mathématique mondiale. Les plus grands experts de cette discipline, venus des quatre coins du globe, s'y réunissent. La fameuse Médaille Fields, la récompense la plus prestigieuse en mathématiques, y est décernée. Ce blog vous fera vivre l'ICM 2010 comme si vous y étiez.
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